Sécheresse, incendies, grêle : la Chambre d'agriculture réclame un allègement fiscal pour tous les agriculteurs girondins
La Chambre d'agriculture demande un dégrèvement de taxe foncière après des pertes de 20 à 80 % selon les cultures.

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Vingt à 80 % de pertes selon les cultures : c'est le bilan que dresse la Chambre d'agriculture de la Gironde après un été marqué par une succession quasi ininterrompue d'épisodes caniculaires, des incendies et, plus récemment, des épisodes de grêle. Aucune production n'est épargnée, des grandes cultures au maraîchage en passant par la viticulture, déjà fragilisée depuis plusieurs années.
Invitée le 24 août par la préfète de Gironde à une cellule de crise sur la sécheresse, la Chambre d'agriculture a fait remonter les difficultés du terrain : baisse des rendements, floraison et fructification perturbées, pollinisation compromise, arrêt de la pousse, semis détruits, mortalité animale accrue. Aux pertes directes des incendies s'ajoutent des conséquences indirectes : marchés annulés, approvisionnements interrompus.
Le département est placé en vigilance rouge au risque de feux de forêt depuis le 8 août, un niveau qui restreint l'usage d'engins agricoles entre 14 heures et 22 heures et suspend les manifestations sportives, de loisirs et culturelles en extérieur, selon l'arrêté préfectoral.
Face à cette accumulation, la Chambre demande au gouvernement d'inclure, dans les prochaines mesures de soutien, un dégrèvement exceptionnel de la taxe foncière sur le non-bâti pour l'ensemble du département. « Il est essentiel de mesurer pleinement les conséquences de cette accumulation d'aléas. Au-delà des exploitations agricoles, c'est l'ensemble des filières et l'économie du territoire qui sont fragilisés », a déclaré son président Jean-Samuel Eynard, rappelant que la Gironde est le premier département français en emplois salariés liés à l'agriculture et à ses filières.
Cette crise climatique frappe un vignoble déjà exsangue. Selon les plans d'arrachage aidés recensés en mai par la filière, plus de 12 000 hectares de vigne bordelaise ont été arrachés depuis le lancement des dispositifs sanitaires et de diversification, financés par l'État et le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux à hauteur de 4 000 à 6 000 euros l'hectare. La surface viticole girondine, tombée sous les 90 000 hectares, n'avait plus été aussi réduite depuis 1986.
Pour objectiver ces pertes, la Chambre a lancé une bourse aux fourrages destinée à mettre en relation exploitants excédentaires et éleveurs en manque, relaie l'enquête spéciale incendies de la DDTM et diffuse un questionnaire sur les aléas climatiques auprès des agriculteurs. Les exploitants touchés peuvent aussi demander en ligne une reconnaissance de cas de force majeure pour leurs aides couplées ou leurs jachères, un dispositif ouvert depuis le 13 août après une modification du plan stratégique national.
Les mesures de soutien du gouvernement doivent être annoncées « prochainement », sans date arrêtée à ce stade.
Sources
Chambre d'agriculture de la Gironde — actualités
Sécheresse, incendies, grêle : la Chambre d'Agriculture demande un dégrèvement exceptionnelChambre d'agriculture de la Gironde — actualités
Campagne PAC 2026 : demandes de cas de force majeur jachère-sécheresse-incendie
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