L'Échoppe Bordelaise

L'actualité de Bordeaux et de sa métropole

Façade d'une échoppe bordelaise double en pierre de taille, avec sa porte centrale et ses fenêtres symétriques.

Culture

L'échoppe, cette maison basse qui raconte tout Bordeaux

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureBordeauxSymac / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

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Il suffit de marcher dans presque n'importe quelle rue de Bordeaux hors du centre historique pour la reconnaître : une maison basse, de plain-pied, sa façade de pierre blonde percée d'une porte et d'une ou deux fenêtres, souvent rehaussée d'une corniche, d'un mascaron ou d'une frise. C'est l'échoppe bordelaise, l'habitat vernaculaire qui, plus que les grands hôtels particuliers du siècle des Lumières, dit la vie quotidienne de la ville.

Une maison née du travail

Le mot le rappelle : à l'origine, une « échoppe » est une petite boutique, l'atelier où l'artisan travaille et loge. Dès le Moyen Âge, Bordeaux compte ces réduits accolés aux maisons. C'est au XIXe siècle, entre le Second Empire et l'entre-deux-guerres, que l'échoppe devient le modèle de l'habitat ouvrier et populaire : une maison de plain-pied, simple à bâtir et à agrandir, qui s'aligne par rangées entières le long des rues nouvelles des faubourgs — Saint-Michel, Nansouty, la Bastide, Caudéran.

Simple dehors, profonde dedans

L'échoppe se lit d'un coup d'œil. On distingue l'échoppe simple, avec sa porte sur le côté, et l'échoppe double, plus cossue, à la porte centrale encadrée de deux fenêtres symétriques. Derrière la façade de pierre, le plan se développe en profondeur : les pièces s'enfilent en enfilade jusqu'à une pièce de séjour qui ouvre, presque toujours, sur un jardinet à l'arrière. La pierre calcaire, extraite des carrières de l'Entre-deux-Mers et du Périgord, donne à toute la ville cette teinte blonde qui vire au doré à la lumière du soir.

Un patrimoine bien vivant

Loin d'être des reliques, les échoppes restent au cœur du marché immobilier bordelais : un recensement de 1995 en dénombrait près de 11 000 dans la seule ville de Bordeaux. Rénovées, agrandies par l'arrière ou surélevées, elles sont aujourd'hui parmi les biens les plus recherchés de la métropole — au point que leur transformation est devenue un genre d'architecture à part entière.

C'est cette maison-là — modeste, ouvrière, ancrée dans son quartier, et pourtant si caractéristique qu'on la reconnaît entre toutes — que nous avons choisie pour nom. Comme l'échoppe fut l'atelier où l'on travaillait au coin de la rue, L'Échoppe Bordelaise entend être le comptoir d'où l'on suit, chaque jour, l'actualité de Bordeaux et de sa métropole.

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